L’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics) a mené une étude afin d’évaluer les équipements visant à réduire la pénibilité pour les peintres sur chantier — une profession particulièrement exposée aux troubles musculo-squelettiques (TMS).

Élaborée avec des entreprises de peinture, les Métiers de la peinture et de la décoration de la CAPEB, l’Union professionnelle des métiers de la finition de la FFB, et avec l’appui d’IRIS-ST, cette étude de l’OPPBTP met en lumière les dispositifs d’assistance physique destinés aux peintres.

L’étude, longue de 76 pages, a permis dans un premier temps d’identifier les tâches les plus à risque pour les peintres : travail bras levés, ponçage, enduisage, application de peinture sur plafond… Les peintres sont particulièrement concernés par la problématique des TMS. « En effet, la réalisation de ces types de travaux nécessite des postures répétées “bras en hauteur” et des efforts localisés au niveau des épaules et de la région cervicale », note l’OPPBTP.

Des évaluations sur le terrain

Une fois les risques identifiés, l’organisation professionnelle a sélectionné un panel d’équipements d’assistance à tester sur le terrain, en conditions réelles, afin d’en évaluer les avantages et les limites : ponceuses girafe (avec ou sans système de dépression), rouleaux avec perche, pistolets de pulvérisation Airless, exosquelettes passifs d’assistance aux épaules pour les travaux « bras en hauteur », avec soutien cervical, et exosquelettes de soutien cervical dynamique.

D’après les résultats du rapport, ces équipements apportent effectivement des améliorations. L’étude relève notamment que ces outils ont diminué la durée des tâches, et donc l’exposition aux contraintes. C’est aussi l’amplitude posturale qui a été réduite. « L’intégration pérenne de ces équipements nécessite tout d’abord qu’ils soient utilisés pour des situations de travail et sur des chantiers pour lesquels ils sont adaptés. Elle requiert également une phase d’appropriation pour les compagnons », prévient l’OPPBTP.

Des bénéfices variables

Pour l’exosquelette, par exemple, lors de travaux d’égrenage, de projection et de lissage d’enduit en plafond, les intervenants n’en utilisant pas disent éprouver des douleurs cervicales, aux bras et aux épaules. « Les gestes de lissage requièrent des efforts, la texture de l’enduit provoque une certaine résistance. La contrainte est majorée par l’exigence de régularité et de précision du geste, et par la durée », peut-on lire dans le rapport.

Avec exosquelette, en revanche, les intervenants indiquent que le travail est plus rapide, sans impact sur la qualité, et sans pauses. Ils disent ressentir un allégement du poids des outils et des équipements, ainsi qu’un soulagement au niveau des bras et des épaules, ne déclarant pas de douleur en fin de journée. Toutefois, certains mouvements sont gênés par l’exosquelette — se baisser pour prendre un seau, par exemple — et le maintien de la nuque peut parfois bloquer le regard vers le plafond.

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