Alors que le ministre du Logement vient d’annoncer une série de mesures pour adapter les habitations aux fortes chaleurs, la Fondation pour le Logement tire la sonnette d’alarme. Une étude pointe l’exposition disproportionnée des ménages modestes aux « logements bouilloires » et fustige l’insuffisance de la réponse publique.
Face aux fortes chaleurs, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a dévoilé une série de propositions afin d’accélérer l’adaptation des logements au réchauffement climatique. Le ministre a proposé une TVA réduite pour les pompes à chaleur réversibles air/air ou encore une majorité simple pour le vote de travaux de rénovation d’ampleur en copropriété. Si Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le Logement, a estimé, au micro de France Inter, que ces mesures allaient « dans le bon sens », il a également déclaré : « mais on a tellement de retard », qualifiant ces mesures de « mesurettes cosmétiques ».
Les plus pauvres en première ligne
Pour la Fondation, il va falloir faire plus, beaucoup plus, tant la marche est haute. D’après une étude récemment dévoilée par la Fondation pour le Logement, 1 logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs, et 40 % des logements ne sont pas équipés de volets, pourtant indispensables pour limiter la surchauffe des logements. Autre expression de cette précarité énergétique, le taux d’équipement en climatisation a doublé en 10 ans, pour atteindre 34 % en 2026.
« Une climatisation efficace et bien utilisée peut être nécessaire, notamment dans les lieux accueillant des personnes fragiles, mais seulement si les autres équipements sobres ont déjà été installés (protections solaires, brasseurs d’air, etc.). », rappelle la Fondation.
En première ligne de cette précarité énergétique, les quartiers populaires qui cumulent les facteurs aggravants. Forte densité, matériaux qui exacerbent le phénomène d’îlots de chaleur urbain, tels que le béton ou l’asphalte, le manque d’espaces verts. Des logements petits, suroccupés, des nuisances sonores qui rendent l’aération nocturne plus difficile, moindre capacité à engager des travaux…
Généraliser les volets et installer des brasseurs d’air
« Bien que de plus en plus de personnes prennent conscience de l’inadaptation des logements aux canicules, les politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre. C’est ce que nous avons voulu rappeler en attaquant l’État dans le cadre de l’action des sinistrés climatiques. », a déclaré Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement, cité dans un communiqué.
La Fondation en a profité pour rappeler quelques-unes de ses doléances : le renforcement de la lutte contre les logements bouilloires dans les programmes ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine), l’augmentation du fonds vert pour les collectivités locales, dont le montant a été divisé par 4 en 2 ans, le lancement d’un plan d’installation de volets et de brasseurs d’air pour tous les logements d’ici 2040, financé par l’État à hauteur de 1,1 milliard d’euros, en donnant la priorité aux logements sociaux, et la mise à l’agenda politique de la proposition de loi « Zéro logement bouilloire » de la Fondation.








