À l’approche de l’entrée en application de la responsabilité élargie du producteur (REP) des emballages professionnels, la Fédération nationale du bois conteste les tarifs annoncés par les éco-organismes français. Elle demande des précisions sur leur méthode de calcul et souligne les différences avec les contributions prévues en Espagne.
La mise en place de la responsabilité élargie du producteur (REP) des emballages professionnels, prévue au 1er janvier 2027, suscite des interrogations au sein de la filière bois. Dans un communiqué publié le 9 octobre 2026, la Fédération nationale du bois (FNB) réagit aux tarifs annoncés par les trois éco-organismes français pour les emballages en bois, principalement les palettes, mais également les caisses et les cagettes.
Les contributions annoncées s’établissent à 9 euros par tonne pour Citeo Pro, 8,07 euros pour Léko Pro et 7,91 euros pour TWIICE. À titre de comparaison, la FNB indique qu’un tarif de 6 euros par tonne est prévu en Espagne pour les emballages en bois.
Des différences tarifaires entre pays européens
Selon les chiffres communiqués par la fédération, les tarifs français dépassent de 1,91 à 3 euros par tonne le montant annoncé en Espagne, soit des écarts compris entre 32 % et 50 % selon l’éco-organisme.
La FNB s’interroge sur les raisons de ces différences, estimant que l’organisation de la filière française devrait être prise en considération dans la détermination des contributions.
L’organisation professionnelle rappelle que la France occupe, selon ses données, la première place européenne pour la production d’emballages professionnels en bois. Elle met également en avant l’existence de circuits structurés de réemploi et de valorisation des emballages usagés.
La fédération souligne notamment que les palettes, caisses et cagettes en bois correctement triées peuvent conserver une valeur économique et être réintroduites dans des circuits de réemploi ou de recyclage. Elle considère que ces caractéristiques doivent être prises en compte dans les modèles économiques des éco-organismes.
La FNB demande des précisions sur le calcul des contributions
Au-delà des montants annoncés, la fédération souhaite obtenir davantage d’informations sur les modalités de calcul des tarifs. Elle indique avoir sollicité à plusieurs reprises les trois éco-organismes, l’OCAEPRO et le ministère de la Transition écologique afin de connaître les hypothèses économiques retenues pour établir les contributions applicables aux emballages en bois. Selon la FNB, ces démarches n’ont pas permis d’obtenir les précisions attendues avant la publication des tarifs. L’organisation estime qu’une meilleure transparence permettrait aux entreprises concernées de comprendre la construction des contributions et d’évaluer leur adéquation avec les caractéristiques de la filière. Elle annonce son intention de poursuivre ses démarches pour obtenir ces informations.
Un enjeu économique pour les fabricants d’emballages bois
La question des contributions intervient dans un contexte de concurrence entre fabricants d’emballages professionnels. Pour les entreprises du secteur, leur montant constitue un élément supplémentaire à intégrer dans les coûts. La FNB s’inquiète des conséquences possibles des différences tarifaires entre pays européens sur la compétitivité des fabricants français d’emballages en bois. Elle souhaite que la mise en œuvre de la REP tienne compte des circuits de réemploi et de recyclage déjà en place, ainsi que de la valeur économique des matériaux récupérés. À moins de trois mois de l’entrée en application du dispositif, la fédération demande ainsi des précisions sur les bases économiques utilisées pour fixer les contributions.







