Le 16 septembre 2025, un souffle nouveau a traversé le monde de la tapisserie. Ce jour-là, la Ville d’Angers et la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson ont signé un partenariat historique. Derrière ce geste institutionnel se dessine bien plus qu’un accord : une rencontre entre deux capitales culturelles, unies par la volonté de faire rayonner un art ancestral tout en l’ancrant dans la modernité.

Un échange inédit d’œuvres majeures

À partir du printemps 2026, deux pièces emblématiques changeront temporairement de lieu, comme pour symboliser ce mariage culturel.

À Aubusson, les visiteurs redécouvriront Le Chant du Monde, fresque monumentale tissée entre 1957 et 1966 d’après Jean Lurçat. Conservée depuis près de soixante ans au Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine à Angers, elle fera son grand retour dans la ville de sa création. Ce retour aux sources résonne comme un hommage aux artisans d’Aubusson, qui lui ont donné vie, et comme une reconnaissance de leur savoir-faire inégalé.

En miroir, Angers accueillera au même moment Aubusson tisse Tolkien, cycle de tapisseries né de l’imaginaire de l’écrivain britannique. Douze années de travail collectif ont été nécessaires pour donner corps à cet univers de fantasy. Après avoir attiré des dizaines de milliers de visiteurs à Aubusson et à Paris, cette tenture contemporaine trouvera un écrin de choix dans le musée angevin.

Des rendez-vous qui marqueront 2026

Ces expositions croisées débuteront à quelques jours d’intervalle :

  • Le Chant du Monde sera inauguré le 3 avril 2026 à la Cité internationale de la tapisserie à Aubusson.

  • Aubusson tisse Tolkien ouvrira ses portes le 9 avril 2026 au Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine d’Angers.

Elles accompagneront toute la saison culturelle jusqu’à l’automne, s’inscrivant ainsi dans le temps long et offrant aux professionnels comme au grand public une occasion rare d’explorer deux facettes de la tapisserie : la modernité visionnaire de Lurçat et l’imaginaire contemporain inspiré de Tolkien.

Tradition, modernité et ouverture

Ce partenariat illustre la richesse de la tapisserie lorsqu’elle se nourrit de ses racines pour mieux dialoguer avec le présent.

  • À Aubusson, Le Chant du Monde fera écho à une histoire profondément ancrée dans le territoire, rappelant que la tapisserie est d’abord un art vivant, façonné par des générations de lissiers.

  • À Angers, l’arrivée de Aubusson tisse Tolkien témoigne de l’audace de la ville à conjuguer patrimoine et culture populaire, en ouvrant son musée à de nouveaux publics, amateurs de fantasy comme passionnés d’art textile.

Ce jeu de miroirs permet de rappeler que la tapisserie n’est pas figée dans le passé : elle se réinvente, explore de nouveaux récits, dialogue avec des univers inattendus.

Un modèle de coopération culturelle

Pour les professionnels du patrimoine et de la culture, cette convention représente un exemple inspirant. Elle montre que deux institutions, fortes de leur identité propre, peuvent unir leurs forces pour renforcer la visibilité d’un art et élargir son audience.

Cette alliance prolonge plus de dix ans de collaborations entre Angers et Aubusson, notamment autour de la jeune création textile. Elle ouvre aussi la voie à de nouvelles formes de coopérations, qu’il s’agisse d’échanges d’œuvres, de co-organisation d’événements, ou encore de projets pédagogiques et de médiation.

Une année anniversaire

À Angers, l’exposition Tolkien aura une résonance particulière : elle accompagnera les 40 ans du Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie contemporaine. Ce double anniversaire – celui d’une institution et celui du retour d’un chef-d’œuvre à Aubusson – conférera à l’année 2026 une dimension symbolique forte.

Photo : Cité internationale de la tapisserie © 2021

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