Le façadier Coveris, spécialiste de lenveloppe vitrée, et Souchier, via sa marque Genatis, développeur du système intelligent BOx, collaborent autour dun objectif commun : faire évoluer loffre de façade double peau pour la rendre compatible avec les exigences et contraintes de la rénovation. Ensemble, ils développent et expérimentent, en s’appuyant sur un programme de recherche européen, une offre spécifiquement adaptée à la réhabilitation.

« La façade double peau, longtemps réservée aux constructions neuves et tertiaires, doit aujourd’hui trouver sa place dans les projets de rénovation, où les marges d’amélioration thermique sont considérables », explique Damien Romani, directeur commercial de Coveris, constructeur spécialiste des enveloppes architecturales du bâtiment basé dans la région bordelaise, qui ajoute : « Trop souvent, la façade double peau est écartée car jugée complexe ou coûteuse. Notre objectif est de prouver qu’elle peut devenir une solution pragmatique et performante, y compris en rénovation ».

C’est dans cette perspective que l’entreprise a conçu, en collaboration étroite avec Souchier (groupe Adexsi), un démonstrateur installé directement sur son propre bâtiment administratif. Une vitrine à échelle réelle, rendue possible grâce au soutien du programme européen Metabuilding Labs, et pensée comme un outil d’expérimentation continue. Le tout avec l’appui de Hugo Guyomard, ingénieur doctorant en thèse CIFRE au sein de l’entreprise Coveris, en partenariat avec l’Université de Bordeaux et l’institut Nobatek/Inef4.

Le projet s’inscrit ainsi dans le cadre plus large du projet RenovDSF, qui vise à améliorer la conception de solutions technologiques de double peau pour la rénovation de bâtiments tertiaires existants. L’objectif est de développer les capacités de conception et de garantir la performance de ces solutions, qui doivent être déclinables sur un large ensemble de bâtiments. Une méthodologie de conception holistique est ici privilégiée, intégrant des analyses techniques, énergétiques, économiques, environnementales et de marché, tout en incluant des considérations architecturales pour évaluer la faisabilité et l’acceptabilité de la rénovation de l’architecture du XXe siècle. Le tout en phase avec la montée en puissance des réglementations environnementales (notamment le décret BACS) et la nécessité de réduire les consommations d’énergie sans sacrifier le confort, été comme hiver.

Interface de supervision

Au plan technique, le principe de cette façade double peau est à la fois simple et sophistiqué. En hiver, elle reste fermée, créant un effet de serre qui permet de capter la chaleur solaire et de la redistribuer au bâtiment via un système de récupération mécanique. En été, cette enveloppe s’ouvre et se ventile, libérant l’excès thermique et réduisant le recours à la climatisation. La transition entre ces états n’est pas laissée au hasard : capteurs, algorithmes et scénarios saisonniers pilotent l’ensemble en fonction de données météorologiques, de température intérieure et extérieure et d’ensoleillement.

« Il fallait que la façade réagisse intelligemment, en lien avec le climat réel, et pas seulement selon une programmation figée », résume Gilles Fusser, directeur des ventes Genatis pour Souchier.

Les équipements intégrés, tels que les ouvrants motorisés, les stores, les capteurs d’humidité ou encore les récupérateurs de chaleur, sont tous orchestrés via une interface de supervision. Cette interface, personnalisable, autorise également des commandes manuelles pour les usagers, qui peuvent ainsi ajuster certains paramètres en fonction de leur confort immédiat. Ce pilotage hybride est essentiel pour faire le lien entre performance énergétique globale et bien-être individuel.

« Le retour d’expérience montre d’ailleurs que les réglages fins, notamment pour les mi-saisons, sont cruciaux pour éviter les effets indésirables comme une façade trop froide en hiver ou des surchauffes au printemps », explique Hugo Guyomard.

Si ce démonstrateur est implanté sur un bâtiment neuf, l’ambition de Coveris et Souchier est clairement tournée vers la rénovation. « Notre objectif est de proposer une seconde peau que l’on installe depuis l’extérieur, sans impacter l’intérieur, en permettant la continuité des activités qui s’y déroulent et sans altérer la façade existante », précise Damien Romani.

Approche multicritère

Le concept, à la fois modulaire et réversible, permet d’envisager des interventions sur des bâtiments occupés, avec une grande variété de typologies. Il s’appuie notamment sur un travail de modélisation avancée, capable de simuler jusqu’à 82 000 scénarios de façade selon les configurations structurelles, thermiques et économiques. Chaque cas est ainsi évalué selon des critères multiples : performance carbone, retour sur investissement, confort thermique, faisabilité architecturale.

Cette approche multicritère est indispensable pour convaincre les maîtres d’ouvrage et les architectes, parfois sceptiques face à des systèmes jugés complexes ou surdimensionnés.

« La double peau souffre encore d’une réputation d’usine à gaz, alors que ce n’est pas la solution qui est en cause, mais bien le manque de pilotage et de suivi dans les projets passés », analyse Damien Romani. Pour remédier à cela, les outils de gestion intelligents — les BOx de supervision développées par Souchier — offrent aujourd’hui des garanties nouvelles : alertes en temps réel, visualisation des états, maintenance assistée et, bientôt, maintenance prédictive. « L’automatisation n’est plus un gadget, mais une brique structurelle de la performance ».

Ce partenariat entre façadier et développeur de systèmes vise aussi à décloisonner les expertises. Coveris s’occupe du lot façade, Souchier de la ventilation et du désenfumage, mais c’est ensemble qu’ils proposent une offre globale cohérente, industrialisée, capable de s’adapter à la diversité du parc existant.

Les premières applications concrètes sont en cours sur des bâtiments des années 90, souvent dotés de doubles vitrages aujourd’hui obsolètes. L’idée est de conserver la structure existante et de venir y adosser une façade performante, sans démolition.

« On travaille sur le réemploi partiel, ce qui réduit l’impact carbone, tout en améliorant considérablement les performances thermiques et visuelles », indique Damien Romani. Le système développé prend aussi en compte les enjeux esthétiques, avec des configurations personnalisables et une jonction étanche entre modules, sans besoin de bardage rapporté.

Le superviseur

Le superviseur mis en place sur cette façade — Control Box par Souchier-Boullet — assure une gestion centralisée et intelligente des équipements énergétiques sans ajout d’infrastructure. Accessible via un simple navigateur, il pilote le chauffage, la climatisation, l’éclairage, la ventilation, les pompes à chaleur, les compteurs et les CTA, avec communication Modbus RTU ou TCP/IP.

Il peut gérer jusqu’à douze zones avec contrôle de l’autorisation d’éclairage, des consignes de température, des relances automatiques, de la destratification et des périodes de fonctionnement. Il prend en charge un générateur de chauffe et jusqu’à trente unités intérieures via passerelle multi-marques.

L’éclairage extérieur est géré selon horaires, hauteur solaire ou capteur crépusculaire. Les consommations sont analysées par période horaire, journalière, hebdomadaire, mensuelle et annuelle. Le système intègre une gestion des dérogations, une bascule automatique été/hiver et un suivi précis de tous les paramètres énergétiques. Il est compatible avec les technologies radio (LoRaWAN, Zigbee), offre un centre de notifications hiérarchisé et un historique complet des données, accessible par arborescence fonctionnelle. L’interface graphique est intuitive, configurable et adaptée à un suivi dynamique des performances.

 

 

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