À quand la fin de la crise dans le bâtiment ? Pas pour tout de suite à en croire les récentes déclarations de Frédéric Carré, président de la Fédération Française du Bâtiment, qui demande au gouvernement d’agir promptement.

« Le bâtiment est en crise, tous les signaux passent au rouge, les ventes de logements s’effondrent, le non-résidentiel est au plus bas, et même la rénovation décroche », a déclaré dans une vidéo le nouveau président de la FFB, Frédéric Carré. Résultat des courses, une baisse d’activité de -12 % et de près de 60 000 emplois, dont 20 000 rien qu’en 2026, alors même que l’année n’est pas terminée.

Les permis de construire sont en recul de 0,2 % en 2026 et de -8 % sur les trois derniers mois, tirés vers le bas par le collectif (-16,6 %).

5 milliards d’euros de TVA perdus

« Derrière ces chiffres il y a des artisans, des entrepreneurs, des apprentis, des femmes et des hommes qui voient les carnets de commandes se réduire et les trésoreries se tendre. » Aucun territoire n’est épargné.

Dans le logement, Frédéric Carré juge la situation « absurde », alors que moins de 300 000 unités seront construites cette année, pour des besoins estimés à 420 000 par an, et une ambition affiché par le gouvernement d’atteindre 2 millions de logements neufs à horizon 2030. « Malgré sa volonté de faire, le plan de relance ne décolle pas […] tout le monde est perdant ». De 2022 à 2025, la crise du logement neuf a fait perdre plus de 5 milliards d’euros de TVA à l’État.

Pour tenter de redresser la barre, le gouvernement a annoncé un projet de loi de relance du logement pour relancer la construction neuve et muscler l’offre locative. Texte sur lequel la filière n’a « aucune visibilité » pour le moment et « qui doit être impérativement voté pour rendre encore plus attractif le dispositif Jeanbrun ». Pour rappel, il s’agit d’un mécanisme fiscal, entré en vigueur en février 2026, qui autorise les ménages achetant un appartement pour le mettre en location à déduire de leurs revenus locatifs une partie du prix d’achat du bien et les charges. Frédéric Carré plaide pour que ce dispositif soit étendu à la maison individuelle dans le neuf, et aux ascendants-descendants, que soit préservé le PTZ sur tout le territoire, et dans l’ancien en outre-mer.

Tacle contre la REP

Le Président de la FFB militre en outre pour que soit soutenue la rénovation par geste car « abordable pour tous les ménages ». Pour rappel, l’exécutif souhaite mobiliser davantage le budget dédié à la rénovation sur les opérations d’ampleur, plutôt que sur les gestes de rénovation dont plusieurs ont été exclus du parcours monogeste de MaPrimeRénov’ : poêles à bois ou granulés, chauffe-eau et chauffage solaire, chauffe-eau thermodynamique, VMC, isolation des toits et combles, et fenêtres.

La FFB demande aussi à ce que les règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) soient assouplies afin de faciliter l’accès à l’emprunt bancaire immobilier, et notamment le plafond de 35 % d’endettement. Côté RE2020, la FFB plaide pour la suspension des échéances 2028 et 2031, et enfin, de ne pas rogner sur les budgets de l’apprentissage.

Frédéric Carré a également pointé le gouvernement pour le maintien de la réforme de la REP, « une réglementation surréaliste », selon ses termes. « Il (l’exécutif) nous a promis une vraie réforme, il nous a promis des services de reprises des déchets opérationnels et une baisse des coûts ». Les filières non matures, elles, « ne voient pas de solution de recyclage se développer ». Le coût global de la REP pour la filière est estimé à 600 millions d’euros par an à l’horizon 2030, alors que « le service n’est toujours pas rendu ».

 

 

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