La biomasse est la première source d’énergie renouvelable de notre pays. Sur les 20 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) d’énergies renouvelables consommées en France en 2009, 13Mtép sont issues de la biomasse (chaleur, électricité, carburant), soit 65,5%. La chaleur est la première voie de valorisation énergétique de la biomasse. Vient ensuite la production de biocarburants (12,5% de la consommation totale d’ENR). L’électricité produite à partir de biomasse ne représente quant à elle que 2% de la consommation d’ENR en France. Des atouts pour convaincre L’utilisation du bois comme combustible présente de multiples avantages écologiques. La biomasse est une source d’énergie neutre du point de vue du CO2, car sa combustion s’inscrit dans le cycle naturel du carbone. Le CO2 emmagasiné par l’arbre durant sa croissance par le processus de photosynthèse est normalement rendu naturellement à l’atmosphère lorsque le bois est laissé en décomposition dans la nature. Il est donc préférable d’utiliser le potentiel de chauffage du bois avant qu’il ne soit inutilisable puisque, quel que soit son devenir, il émettra du CO2. La consommation de bois pour le chauffage, comme pour la construction par exemple, permet par ailleurs d’assurer un entretien des surfaces forestières grâce à un renouvellement régulier. La consommation de bois à des fins énergétiques fait appel à des ressources locales. Cela implique indirectement plusieurs atouts pour le chauffage au bois : un faible impact environnemental de la mise à disposition du combustible, la valorisation des emplois locaux, la disponibilité de la ressource et la sécurité d’approvisionnement. Contrairement aux énergies fossiles, le prix du combustible bois ne subit pas autant de fluctuations importantes, ce qui permet de garantir à ses utilisateurs une économie substantielle qui se prolonge dans le temps. Enfin, d’après l’ADEME, la filière industrielle du chauffage au bois emploie 12000 personnes en France. Le chiffre des emplois atteint 20000 si l’on comptabilise la filière d’installation. En considérant en plus l’amont de la filière (exploitation forestière), on arrive à 60000 emplois. L’ADEME estime que 1000 tonnes de bois consommées correspondent à un emploi à temps plein, soit trois à quatre fois plus que dans les filières fossiles. Six millions de logements chauffés au bois Au sein de ces filières biomasse, le bois-énergie domestique reste numéro un, avec 7,4Mtép. D’ici 2020, ce chiffre ne devrait pas augmenter, mais cela ne signifie pas que la filière ne se développe pas. Avec les progrès technologiques (rendement des appareils plus élevé), la consommation finale de bois sera moindre pour une couverture des besoins en énergie utile plus importante. Ainsi, l’amélioration des appareils de chauffage au bois domestique permettra d’équiper neuf millions de logements contre près de six millions aujourd’hui avec une consommation de combustible égale. En effet, près de quatre millions d’appareils anciens seront remplacés par des équipements modernes peu consommateurs de bois. Utilisable dans des appareils domestiques (poêles, inserts, chaudières), le combustible bois peut également être valorisé sous forme de chaleur grâce à sa combustion dans des chaufferies collectives ou industrielles. Les chaudières bois/biomasse peuvent alors alimenter directement des ensembles (chaudières en pied d’immeuble ou production de chaleur dans l’industrie) ou des consommateurs (personnes physiques ou morales) via des réseaux de chaleur. Le comité opérationnel n° 10 du Grenelle de l’environnement a identifié un gisement de production d’énergie thermique très important à partir du chauffage au bois collectif. La chaleur collective issue du bois et de la biomasse pourrait en effet représenter une consommation de 7,6Mtép en 2020, soit 6,2Mtép supplémentaires par rapport à la situation actuelle. Une filière collective en plein essor Dans le cadre du plan Bois-­Énergie 2000-2006 piloté par l’ADEME, une politique volontariste d’incitation et de soutien au développement de la chaleur renouvelable collective issue du bois et de la biomasse a permis de lancer de nombreux projets. Le bilan des réalisations a même montré que les objectifs, tant quantitatifs que qualitatifs, que s’était fixés l’ADEME, ont été dépassés. On compte aujourd’hui près de 1500 chaufferies urbaines ou collectives au bois qui assurent l’alimentation directe ou par réseau de chaleur d’ensembles immobiliers, de quartiers urbains ou d’équipements publics tels que des logements, des hôpitaux ou des piscines. À cela s’ajoutent un millier de chaufferies industrielles, dont certaines de taille très importante alimentent en énergie des entreprises françaises, notamment celles de la filière bois (scieries, papeteries, menuiseries…). Ces chaufferies valorisent sur place les sous-­produits de transformation du bois à des conditions tout à fait compétitives, en fournissant de la chaleur destinée par exemple au chauffage des locaux et éventuellement de l’électricité en cogénération. Dans cette gamme de chaufferies, le bois en tant que combustible est plus compétitif que l’électricité ou le fioul et en général aussi compétitif que le gaz et le charbon. Toutefois, les investissements restent à ce jour plus coûteux que pour les combustibles concurrents. Place au tout automatique Comme les appareils domestiques, les chaufferies collectives connaissent des innovations technologiques importantes, l’automatisation constituant l’un des principaux progrès. Cette dernière a conduit par exemple à réduire les contraintes (alimentation et décendrage automatiques, autonomie accrue, propreté autour de l’installation). Elle permet de réguler la combustion (combustion complète, amélioration des rendements, réduction des rejets et des cendres) et d’avoir une grande tolérance sur la qualité des combustibles : granulométrie variable, humidité assez importante, essence indifférente… Parallèlement, les équipementiers intègrent les nouvelles technologies à leur conception et à leur fabrication. Les brûleurs et les échangeurs font l’objet d’études thermodynamiques poussées pour atteindre des rendements globaux supérieurs à 70%. Autre facteur d’efficacité, la gestion très fine des kilowattheures par un contrôle précis de la combustion et de la circulation des fluides. L’électronique et l’informatique jouent un rôle important dans cette régulation, comme en témoigne la sophistication des centres de commandes des grosses installations. Au niveau des fonctions annexes, l’automatisation de l’approvisionnement en combustible fait de ces chaufferies des équipements réellement performants. En bout de chaîne, l’épuration des fumées et le recyclage des cendres concourent à la propreté des chaufferies modernes.