Créée en 2001 par FCBA, la certification CTB Cubage Bois Ronds fête ses 25 ans. Conçue pour encadrer la mesure automatisée des volumes de bois réceptionnés en scierie, elle accompagne aujourd’hui les évolutions technologiques de la première transformation, avec de nouveaux enjeux autour de la qualité et de la traçabilité.
Entre la forêt et la scierie, la mesure des volumes de bois constitue une étape déterminante de la transaction commerciale. Les scieurs industriels achètent en effet les volumes et qualités réceptionnés sur la base des mesures réalisées par leurs propres équipements de cubage. Pour les fournisseurs et gestionnaires forestiers, multiplier les mesures comparatives manuelles représente à la fois du temps et une source potentielle d’imprécision. C’est pour encadrer cette étape que FCBA a créé en 2001, sous l’impulsion de l’Office national des forêts (ONF) et de la coopérative forestière CFBL, la certification volontaire CTB Cubage Bois Ronds (CTB CBR). Elle atteste le cubage commercial réalisé en scierie par les équipements automatisés.
Un cadre commun entre forestiers et scieurs
Le référentiel a été élaboré avec les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement : fournisseurs publics et privés, coopératives, transporteurs et scieurs. La certification encadre l’ensemble du processus, depuis la réception des bois jusqu’à la délivrance des données de cubage. Chaque cubeur fait l’objet d’un audit technique annuel réalisé par un auditeur qualifié indépendant, tandis que des autocontrôles doivent permettre de vérifier la constance des performances.
La tolérance entre les volumes déterminés lors de l’audit FCBA et ceux mesurés par le cubeur ne peut dépasser 3 %. Les acteurs interrogés par FCBA constatent par ailleurs un resserrement progressif des écarts, notamment pour les pièces de bois présentant des singularités. Pour les fournisseurs, l’automatisation permet également de réduire les opérations de cubage manuel et de consacrer davantage de temps à la collecte, au façonnage ou au tri des bois, tout en conservant des moyens de vérification des volumes et quantités livrés.
53 installations certifiées
Vingt-cinq ans après sa création, CTB CBR compte 36 titulaires, parmi lesquels des scieries et des transformateurs dérouleurs, pour 53 installations de cubage certifiées.
Pour certains acteurs, la certification est désormais directement intégrée aux relations commerciales. L’ONF indique ainsi ne pas mettre en place de facturation fondée sur le cubage automatisé lorsqu’une scierie dispose d’un cubeur qui n’est pas certifié. La CFBL souhaite, de son côté, parvenir à terme à travailler uniquement en réception scierie par l’intermédiaire de cubeurs certifiés. L’enjeu est particulièrement sensible lorsqu’un industriel s’implante dans un nouveau bassin d’approvisionnement. Bruno Pialoux, directeur des certifications et de la R&D du groupe Thébault, souligne ainsi le rôle du dispositif dans l’établissement d’une relation avec de nouveaux partenaires forestiers.
Du volume à la qualité du bois
Les prochaines évolutions pourraient dépasser la seule mesure dimensionnelle des grumes. Certains industriels disposent désormais d’équipements capables d’analyser plus finement le bois, notamment grâce aux rayons X, afin d’obtenir des informations sur sa qualité interne. Pour les acteurs interrogés par FCBA, cette évolution pose la question de l’intégration de la qualité dans le référentiel. Elle pourrait passer par de nouvelles exigences d’évaluation et par la prise en compte de technologies permettant d’examiner l’intérieur des bois, au-delà du tri visuel actuellement pratiqué.
Renforcer la traçabilité
La traçabilité constitue l’autre chantier identifié. Le référentiel CTB CBR 2026 renforce déjà les informations devant apparaître dans les bordereaux de cubage détaillés à la pièce et dans les bordereaux de synthèse.
L’objectif évoqué est désormais de mieux suivre les pièces depuis la forêt jusqu’au bordereau établi par le scieur, mais également de poursuivre la dématérialisation des échanges. FCBA évoque notamment le développement d’un bordereau électronique de cubage scierie, sur le modèle de la facture électronique, afin de réduire les opérations manuelles et de faciliter le traitement des données par les fournisseurs. À 25 ans, la certification se trouve ainsi confrontée à une évolution du rôle même du cubeur. Initialement centré sur la mesure du volume commercial, l’équipement devient progressivement un outil capable de produire davantage de données sur les bois réceptionnés, leur qualité et leur traçabilité.
Photo ©Gaiffe






