Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) conteste les conclusions du dernier rapport de la Cour des comptes sur le coût du soutien public aux EnR et défend leur rôle stratégique.
Le Syndicat des énergies renouvelables monte au créneau pour défendre la filière. Le SER a en effet vivement réagi au dernier rapport de la Cour des comptes sur le coût budgétaire du soutien aux énergies renouvelables, diffusé le mercredi 18 mars. Le rapport reprend des données accessibles publiquement, notamment dans les rapports annuels de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Un enjeu stratégique selon le SER
Selon les données reprises par la Cour des comptes, le soutien public aux renouvelables s’élève à 2,9 milliards d’euros par an entre 2016 et 2024. Un montant à relativiser selon le SER, qui rappelle que la France consacre chaque année 60 milliards d’euros à l’importation d’énergie fossile, avec un pic à 124 milliards d’euros en 2022. À cela s’ajoute le coût des boucliers tarifaires mis en place par l’État, avec 24 milliards pour 2023. Des dépenses qui, pour le SER, ne constituent pas des investissements de long terme, contrairement à celles engagées dans les EnR.
Pour le SER, ces aides publiques sont stratégiques pour la France. « Chaque unité d’énergie renouvelable produite est un investissement dans la résilience de notre système énergétique », rappelle l’organisation, dans un contexte international marqué par des tensions persistantes, notamment au Moyen-Orient. « La crise énergétique ayant suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine l’a montré. Et la situation en Iran rappelle que les risques liés à la volatilité des prix sont permanents et hors de contrôle », développe Jules Nyssen, président du SER.
Désaccords fondamentaux et convergence partielle
Deux recommandations de la Cour suscitent une vive opposition de la part du SER. La première concerne la mise en place d’un plan de lutte contre la fraude. Le syndicat juge cette proposition disproportionnée. Le cas évoqué par le rapport se réfère aux 849 suspicions d’écart de puissances installées dans les installations photovoltaïques. « Ceci doit être comparé aux 755 297 contrats de soutien public en vigueur à fin 2024 ! (soit 0,11 % de l’ensemble des contrats, ndlr) », note le SER, qui dénonce ces éléments renvoyant « une image totalement faussée de la réalité de la situation ».
« Que la Cour des comptes cherche à améliorer le pilotage de la dépense publique dédiée est légitime, et en tant que syndicat professionnel nous souscrivons pleinement à cette nécessité. Je regrette néanmoins vivement que la Cour altère le message général de son rapport en laissant entendre l’existence de fraudes généralisées alors qu’il ne s’appuie que sur un document administratif », regrette Jules Nyssen, président du SER.
Un désaccord maintenu sur la concurrence
La seconde critique porte sur les appels d’offres. La Cour suggère d’écarter 20 % des projets conformes de manière à renforcer la concurrence et contenir les coûts. Une mesure jugée déconnectée des réalités sur le terrain.
« Vouloir écarter systématiquement 20 % des projets qui se présentent aux appels d’offres pour renforcer encore la pression concurrentielle est un non-sens. Le contexte actuel devrait au contraire nous inviter tous collectivement à accélérer la transition énergétique, et pas à revoir à la baisse l’ambition volumétrique », souligne Jules Nyssen.







