Le château de Voltaire à Ferney dans l’Ain bénéficie d’une importante campagne de restauration menée par le Centre des monuments nationaux. D’un montant estimé à plus de 8 millions d’euros, les travaux ont débuté en janvier 2016, pour une réception au printemps 2018.

 

Le domaine de Ferney fut acquis par Voltaire en 1759. Durant les 20 années où il y vécut, il reconstruisit le château, développa le domaine et investit dans le village de Ferney. C’est en ces lieux qu’il écrivit quelques-uns de ses chefs-d’œuvre et qu’il reçut, en tant qu’ « aubergiste de l’Europe », grand nombre de ses contemporains. À sa mort, en 1778, le domaine fut vendu et passa entre de nombreuses mains avant que l’Etat ne s’en porte acquéreur en 1999. Le monument porte les traces de ses propriétaires successifs et des modifications qu’ils ont apportées, notamment dans les dispositions intérieures du château et sur le parc du domaine. Le CMN a fait le choix d’une restauration qui tient compte de cette histoire écrite au fil des XIXème et XXème siècles.

Ce chantier d’envergure est mené sous la maîtrise d’ouvrage du Centre des monuments nationaux et la maîtrise d’œuvre de François Chatillon, architecte en chef des monuments historiques. Il impose la fermeture du château pendant deux ans. Le domaine reste néanmoins ouvert et les visiteurs peuvent profiter de l’orangerie restaurée et du parc.

Avant le lancement des travaux, le monument a bénéficié d’une opération de désamiantage, d’un traitement contre la mérule et de la mise en place d’un dispositif spécifique sur le chantier pour empêcher la propagation du plomb, dont la présence avait été notée dans l’étude d’évaluation de 2012.

La couverture
Les toitures du corps central et des deux pavillons vont être restaurées. La volumétrie ne sera pas modifiée. Il s’agira uniquement de remplacer les ardoises ainsi que les éléments en plomb, afin d’améliorer l’étanchéité de la couverture. En outre, pour assurer une plus grande longévité à l’ouvrage, les éléments en zinc seront remplacés par du cuivre étamé, dont la couleur se rapprochera le plus possible du plomb. Les épis de faîtage seront restaurés. La charpente fera également l’objet d’une révision. Un grand parapluie a été déployé sur les échafaudages qui entourent le château.

Les façades
Faites d’une pierre à bâtir tirée d’un grés argileux utilisé en Suisse et facile à tailler, la molasse, les façades du château présentent un grand nombre de pathologies, et notamment une perte de matières importante. Les parties les plus altérées seront remplacées ou reconstituées et le reste des façades bénéficieront d’un nettoyage de leurs parements et enduits. Les menuiseries ne seront remplacées que lorsque leur état ne permet pas une restauration et toute intervention se fera à l’identique. Deux fenêtres du rez-de-chaussée, actuellement bouchées, seront ré-ouvertes. La véranda, qui a été déposée, sera restaurée.

Au-delà des actions importantes à mener sur les couvertures et les façades, un travail a été engagé, tant sur la restauration et l’aménagement intérieur du rez-de-jardin, du rez-de-chaussée et des deux étages et de leurs collections que sur des dispositifs de médiation, afin de mettre en place un parcours de visite repensé et enrichi, offrant une meilleure compréhension du monument et de son illustre propriétaire. À cette fin, un comité scientifique d’orientation va être nommé afin d’orienter la réflexion du CMN sur les contenus historiques, philosophiques et littéraires des futurs supports de visite. 460 objets, mobilier, huiles sur toile, estampes, pastels, lustres ont été déposés et sont stockés dans des réserves parisiennes. Quelques-uns ont connu ou vont connaître une restauration. C’est notamment le cas de 2 huiles sur toile, de 10 cadres en bois doré et de 46 estampes et pastels. La mise en place d’un ascenseur va permettre de rendre tous les niveaux du château totalement accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Photos : © David Bordes – CMN