En 2026, le Syndicat de la Construction Métallique de France (SCMF) célèbre ses 140 ans dexistence, un anniversaire symbolique pour une filière industrielle qui revendique un rôle central dans les transformations du bâtiment. Si cette année marque un temps fort pour la profession, elle sinscrit aussi dans un contexte économique plus incertain pour les entreprises du secteur.

Pour Emmanuel de Laage, président du SCMF, la situation est contrastée : « L’année 2026 s’ouvre dans un contexte exigeant pour la construction métallique française. Ralentissement des marchés, incertitudes réglementaires et tensions sur les investissements créent un environnement contraint. Pourtant, jamais la filière n’a été aussi stratégique pour le pays. »

Décarbonation du bâtiment, réindustrialisation des territoires, rapidité d’exécution et durabilité des ouvrages, autant d’atouts que la construction métallique entend mettre en avant dans les débats sur l’avenir du secteur. Le président du syndicat appelle ainsi les pouvoirs publics à clarifier le cadre réglementaire et sécuriser les investissements afin de soutenir l’innovation et la compétitivité de la filière. « L’acier n’est pas le problème, il est une partie essentielle de la solution », rappelle-t-il.

Une activité qui marque le pas en 2025

Après plusieurs années de progression modérée, la construction métallique française aborde toutefois un cycle moins favorable. Entre 2014 et 2024, la filière avait enregistré une croissance annuelle moyenne de 1,59 %, avec un chiffre d’affaires sectoriel estimé à près de 4 milliards d’euros en 2024.

Pour 2025, le SCMF observe un repli d’activité estimé à –3,69 %, correspondant à un tonnage mis en œuvre compris entre 740 000 et 760 000 tonnes, contre 773 365 tonnes l’année précédente. Ce ralentissement s’explique notamment par un climat d’investissement plus prudent et par des délais de décision plus longs chez les maîtres d’ouvrage. La filière conserve néanmoins une dimension internationale : 5 à 10 % du chiffre d’affaires des entreprises françaises est réalisé à l’export.

Concrètement la construction métallique française regroupe environ 850 entreprises et 25 000 salariés. Son activité est encore largement portée par le segment des bâtiments industriels, qui représente plus de 60 % du tonnage total. Les ombrières et supports de centrales photovoltaïques poursuivent leur progression et atteignent 12,76 % du tonnage, tandis que les bâtiments commerciaux, sportifs ou d’enseignement gagnent du terrain, passant de 7,03 % à 9,43 %. À l’inverse, les ouvrages agricoles et les ponts ou passerelles reculent légèrement. Sur le plan des commandes, la tendance est cependant encore orientée à la baisse. Entre septembre et novembre 2025, le tonnage mensuel des commandes recule de 10 % par rapport à la même période de 2024, confirmant le ralentissement observé sur l’ensemble de l’exercice.

Productivité et investissements industriels

Les entreprises du secteur, majoritairement des PME et ETI familiales, poursuivent néanmoins leurs investissements dans les outils de production. Automatisation des lignes, réorganisation des ateliers et développement d’unités industrielles plus performantes contribuent à améliorer la productivité. Le taux d’utilisation des capacités de production, indicateur suivi par la Banque de France, témoigne de cette dynamique. Après un creux à 73,3 % fin 2023, il remonte progressivement pour atteindre 76,6 % fin 2025, signe d’une activité industrielle toujours soutenue.

Du côté de l’emploi, les effectifs demeurent globalement stables. Les dernières données disponibles font état d’environ 25 000 collaborateurs, avec une légère progression des ouvriers d’atelier et de chantier.

« Génération Métal »

Pour le SCMF, les 140 ans du syndicat doivent dépasser le simple exercice commémoratif. « Cet anniversaire est l’occasion d’affirmer une vision : celle d’une construction métallique au cœur de la transition écologique, de la souveraineté industrielle et de l’attractivité des métiers », explique Hervé Gastaud, délégué général du SCMF.

Placée sous le slogan « Génération Métal », l’année 2026 sera rythmée par plusieurs initiatives. Une campagne de communication multicanale (vidéos, podcasts et témoignages d’acteurs de la filière) vise notamment à valoriser les métiers et à sensibiliser les jeunes générations.

Le syndicat publiera également un ouvrage intitulé « 140 ans de construction métallique », retraçant l’histoire et les innovations de la filière à travers un livre de 96 pages richement illustré. Autre temps fort : la co-production de l’exposition « Eiffel immersif », organisée de juin à décembre à Paris. Cette exposition immersive proposera une plongée dans l’univers de Gustave Eiffel et mettra en lumière le rôle déterminant de la construction métallique dans la révolution industrielle.

Un congrès anniversaire en juin à Paris

Le point d’orgue de cette année sera le congrès annuel du SCMF, organisé les 25 et 26 juin 2026 à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris. L’événement réunira entreprises, architectes, bureaux d’études et partenaires institutionnels autour de tables rondes consacrées à l’acier et à la construction durable.

À cette occasion seront également remis les prix Eiffel de l’Architecture, distinguant des projets innovants, ainsi que deux prix spéciaux « 140 ans » récompensant des ouvrages remarquables réalisés par des constructeurs métalliques. Enfin, une exposition itinérante en régions et un concours photo organisé avec les journalistes de l’AJCAM viendront compléter ce programme destiné à valoriser l’humain et les savoir-faire de la filière. Pour le SCMF, cette année anniversaire doit surtout permettre de projeter la construction métallique vers l’avenir. « Notre responsabilité collective est de transformer les contraintes actuelles en leviers de compétitivité et de croissance durable », conclut Emmanuel de Laage.

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