Sur les 60 millions d’euros promis pour adapter les établissements scolaires aux fortes chaleurs, seuls 20 millions seront finalement maintenus.

Ce que l’État donne, l’État peut le reprendre. Alors que cet été le mercure a explosé tous les records et qu’une large partie sud du pays est de nouveau touchée par les fortes chaleurs, le gouvernement a décidé de réduire le montant de l’enveloppe annoncée début juillet pour améliorer le confort d’été dans les établissements scolaires.

D’après des informations du quotidien Le Monde et du site Politico, il ne restera que 20 millions d’euros sur les 60 millions d’euros initialement prévus.

Pour rappel, face aux vagues de chaleur, 4 000 écoles ont dû fermer leurs portes, et 11 000 établissements ont adapté leurs horaires et leur organisation, d’après des chiffres du ministère de l’Éducation nationale.

C’est dans ce contexte que la Banque des territoires et le programme Actee (dédié à l’accompagnement des collectivités dans le domaine de l’énergie), en partenariat avec l’État, avaient, fin juin, détaillé leur plan. 10 millions d’euros devaient être consacrés au diagnostic de 2 500 établissements les plus vulnérables et au financement de travaux d’adaptation passifs (volets, brasseurs d’air, brise-soleil…), et 40 millions d’euros pour la réalisation d’audits dans 10 000 autres établissements. L’enveloppe a même été revue à la hausse pour finalement atteindre 60 millions d’euros.

Priorité au plan d’électrification

Contacté par Politico, Actee a confirmé le « recadrage » du plan mais juge qu’il reste tout de même une « très bonne première avancée ». La somme restante servira à la seule réalisation des diagnostics dans les 2 500 établissements prioritaires. Toujours selon Politico, la Banque des territoires va « rehausser » sa contribution financière pour accompagner « au moins » 5 000 écoles pour la réalisation d’audits.

Interrogé par Le Monde, le directeur d’Actee, Guillaume Perrin, a indiqué que le gouvernement « a choisi de geler 40 millions d’euros qui sont en attente d’affectation mais qui seront fléchés, a priori, vers le plan d’électrification ». Ce plan, annoncé en avril par le Premier ministre Sébastien Lecornu, au plus fort de la crise énergétique aggravée par le conflit au Moyen-Orient, doit accélérer l’électrification du pays afin de décarboner l’économie française, tout en renforçant l’indépendance énergétique de l’Hexagone.

Cette annonce intervient également alors même que le gouvernement a dopé le budget de la dotation de solidarité en faveur des collectivités territoriales confrontées à des événements climatiques et géologiques, qui de 30 millions d’euros en 2025 devrait passer à 70 millions d’euros pour 2026. Sauf rétropédalage.

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