En cette période de canicule précoce et inédite, la Fondation pour le Logement des Défavorisés (anciennement Fondation Abbé Pierre) publie une étude inédite sur la précarité énergétique d’été et annonce le dépôt d’une proposition de loi transpartisane “Zéro Logement Bouilloire”. Depuis trois ans, elle alerte sur les logements qui deviennent inhabitables plusieurs semaines par an à cause des fortes chaleurs. Le rapport 2025 “Chaud dedans ! L’urgence d’adapter les logements bouilloires aux canicules ” met en avant plusieurs chiffres importants. L’été 2024 était plutôt tempéré, mais 42 % des Français ont quand même souffert de la chaleur dans leur logement. “Cela souligne que le problème est structurel et est amené à s’aggraver fortement avec la récurrence des étés caniculaires. Les chiffres de la précarité énergétique d’été traduisent de fortes inégalités” explique Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le Logement. En France, 1 logement sur 3 est une bouilloire. Alors qu’installer des protections solaires extérieures est le geste le plus simple et efficace pour empêcher la surchauffe, 40 % des logements n’en sont pas pleinement équipés. L’adaptation aux fortes chaleurs actuelles et futures reste donc encore souvent un impensé, même dans le cas de constructions neuves ou de rénovations globales : seulement 10 % des logements dont le DPE est classé A (la meilleure note) ont un confort d’été jugé “bon”.
La Fondation pour le Logement a travaillé avec des parlementaires de tous bords sur une proposition de loi transpartisane “visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à protéger leurs occupants” . Elle sera déposée à l’Assemblée nationale et propose notamment d’intégrer la surchauffe des logements dans la définition de la précarité énergétique, d’interdire des coupures d’électricité tout au long de l’année pour que personne ne se retrouve dans l’impossibilité d’utiliser un ventilateur par exemple, d’afficher systématiquement la note “confort d’été” du DPE du logement sur les annonces immobilières,  de définir un calendrier de rénovation des logements bouilloires à la location à partir de 2030, de modifier le système de vote en copropriétés et le fonctionnement des avis des ABF pour faciliter l’installation de protections solaires, d’assurer que les rénovations globales des logements traitent systématiquement le confort d’été.
La Fondation pour le Logement a par ailleurs estimé qu’une hausse annuelle d’1 milliard d’euros des aides publiques dédiées aux simples gestes de confort d’été permettrait d’équiper tous les logements de brasseurs d’air et de protections solaires d’ici 2040. Un objectif à la fois ambitieux et nécessaire pour une adaptation sobre des logements aux canicules.

Visuels : Répartition à travers la France des logements dont le confort d’été est « insuffisant » vs des logements exposés aux fortes chaleurs en 2050 (Ignes & Pouget consultants 2025)

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